Tayrona, entre jungle et plage

Le Parc Tayrona c’est quoi ? C’est un Parc National Naturel protégé situé sur la côte caribéenne de la Colombie. Ses plages en font un lieu très prisé des touristes colombiens.

On quitte Carthagène direction le parc mais en route nous nous rappelons que les guides insistent sur le fait d’avoir de l’argent liquide. Oups, nos poches sont vides ! Cela nous oblige à nous rendre au centre de Santa Marta alors que le bus nous a déposé en périphérie de la ville. Rien ne se passant comme prévu, nous nous retrouvons bloqués sous une pluie torrentielle. Vu l’heure avancée de la journée, nous restons finalement une nuit à Santa Marta qui est une ville sans grand intérêt mais elle permet d’acheter quelques provisions pour le parc où tout est annoncé cher d’après le guide.

Par chance, nous trouvons du réconfort avec les matelas extra moelleux de l’hôtel trouvé par hasard. On essaie de ne pas penser au lendemain où nous serons sous une tente avec un confort sommaire. Non mais quelle idée de faire du camping ! Heureusement que le parc a l’air fabuleux.

En route pour Arrecifes
En route pour Arrecifes

En arrivant dans le parc, nous avons 2 choix pour aller au camping que nous avons choisi  à Arrecifes : soit prendre les chevaux à 25 000 COP/pers soit faire la randonnée d’une heure jusqu’au camping et ainsi admirer les décors de rêve. Étant des aventuriers, nous filons sur les sentiers de randonnées !  Il semble que les Colombiens aient un petit côté marseillais sur les bords concernant les distances. Une heure s’est transformée en deux heures et avec les sacs sur le dos par 35°, on a beau être des aventuriers sportifs on n’est pas Mike Horn.

Quel bonheur de sortir des villes, de passer au vert et de voir la mer des Caraïbes. Sur le chemin vers le camping San Pedro près de la plage de Arrecifes nous avons observé des singes, des gros lézards et des fourmis rouges géantes qui transportaient des feuilles. Nous ne regrettons pas d’avoir fait le chemin à pied car la vue est splendide et ce calme est tellement plaisant.

Petit réconfort à mi-chemin
Petit réconfort à mi-chemin

Se retrouver seuls au monde, ne faire qu’un (ou 2) avec la nature pour quelques heures c’est le pied. On ne vous cachera pas que l’arrivée au camping fut une libération. Nous nous débarrassons de nos sacs et filons à la plage annoncée à 10min marseillaises soit 20min pour les autres.

La plage de Arrecifes est sublimissime avec son eau transparente et ses rochers blancs. On croise seulement une petite dizaine de touristes, ça change des plages françaises bondées où trouver une place pour sa serviette relève du défi. On se balade dans les criques entre les gros rochers blancs et nos pieds endoloris par la randonnée goutent l’eau à température parfaite pour se rafraichir. Sur la plage d’Arrecifes, la baignade n’est pas autorisée à cause des courants puissants mais certains s’y risquent quand même.

Maxime mitraille la plage de photos pendant que le 6ème sens de Jennifer concernant l’hygrométrie (google est ton ami) commence à s’affoler. Nous n’avons rien mangé depuis ce matin 7h30 et il est presque 15 heures. Nous nous installons dans un restaurant de la plage et commandons nos plats.

170831_131047_Colombie_M_0452r_light

Juste après la commande quelques gouttes commencent à tomber et nous nous regardons avec circonspection. De plus on entend notre voisin de table dire qu’un local lui a dit de fuir à toutes jambes s’il le peut. Pour nous c’est trop tard car la commande est passée et puis on se dit que le temps de déjeuner, l’orage sera terminé.

La pluie tombe tellement fort que nous devons reculer notre table dans le restaurant pour éviter les gouttes. L’orage commence à gronder et à se rapprocher de nous pour finir par tonner juste au dessus de nos têtes. C’est un peu effrayant, tout le monde s’observe en cherchant à se rassurer dans le regard de l’autre. De temps à autre nous voyons des touristes trempés jusqu’aux os tenter leur chance pour rentrer à leur camping, voire pour sortir du parc ce qui signifie plus de 2 heures de marche. On les observe s’enfoncer jusqu’aux genoux dans l’eau à certains endroits. Cela ne présage rien de bon, surtout que nous sommes en tongs …

Les minutes passent et le temps ne s’améliore pas, on essaie tant bien que mal de ne pas penser à la route qui nous attend pour le retour. Dans quel état sera le chemin de terre emprunté plus tôt ? A l’aller, nous avons enjambé un filet d’eau, sera-t-il toujours aussi mince ?

C’est seulement après 2 heures d’attente, aux environs de 17h que l’orage s’arrête et laisse encore quelques gouttes par-ci par-là derrière lui.

On se lance, il faut faire vite car la nuit tombe à 18h et dans la végétation il va faire très sombre.

Les torrents d’eau ont formé des mini étangs dans lesquels on s’enfonce jusqu’aux genoux. De ce fait, nous réalisons qu’il est impossible de se déplacer avec les tongs aux pieds. Nous continuons pieds nus, juste vêtus de nos maillots de bain et de nos sacs à dos.

Pour se donner du courage on chantonne l’hymne de Fort Boyard. L’air est régulièrement coupé par des « beurk, ahhh, attention ça glisse » mais on ne perd pas le rythme ! Quelques minutes plus tard, nous récupérons une anglaise qui s’est perdue en route. On se suit à la queue leu-leu et on s’aide aux endroits glissants. Nous faisons une fine équipe de bras cassés mais nous approchons du but.

L’épreuve ultime est encore devant nous, le gentil cours d’eau que nous avions enjambé à l’aller s’est transformé en torrent de 10m de large emportant tout sur son passage.

Il serait inconscient de risquer la traversée alors nous longeons la rivière à la recherche d’une solution. Malheureusement on ne voit rien ressemblant de près ou de loin à un pont. Nous sommes démoralisés, va-t-on devoir faire demi tour vers la plage pour demander de l’aide aux locaux ? Cela signifie repartir dans la quasi obscurité et marcher à nouveau pendant 30 min.

C’est à ce moment qu’un groupe vivant dans le parc apparait et nous crie de remonter encore un peu plus haut. L’un d’eux se jette à l’eau et attrape une cordelette tendue entre deux arbres. Le fil est tellement fin que l’on ne l’avait pas vu, ça ne nous inspire pas une confiance absolue. L’homme a de l’eau jusqu’aux épaules et rappelons que nous avons nos sacs sur le dos. Courageux, mais pas téméraires, on laisse l’anglaise se jeter à l’eau la première, on va voir ce qui se passe.

L’anglaise, arrivée à bon port, c’est au tour de Jennifer d’y aller. Elle tend son sac au gentil monsieur qui le porte au dessus de sa tête, attrape la cordelette à deux mains et c’est parti pour la traversée. Puis, Maxime se lance.

Le courant est extrêmement fort, il faut serrer la corde de toutes nos forces. L’eau nous arrive à la poitrine et menace de nous emporter. On s’accroche et c’est avec soulagement que nous arrivons tous les deux sains et saufs de l’autre coté. On est lessivés au propre comme au figuré ! Pour remercier nos sauveurs on leur laisse un petit billet puis on file au camping qui n’est plus qu’à quelques minutes.

Après ces péripéties, l’envie de se laver, de nettoyer la boue collée à nos jambes et surtout de retirer nos vêtements humides se fait pressante.

Comble de l’ironie, cette journée se conclut par une douche bien plus froide que notre trempette dans la rivière boueuse.

Notre réveil se fait doucement sous un soleil rayonnant. Une poule et ses poussins passent devant notre tente, pour nous montrer le chemin du petit déjeuner. La nuit fut plutôt douloureuse pour Maxime qui a hérité d’un matelas presque aussi fin qu’une feuille de papier.

Aujourd’hui pour profiter de cette journée ensoleillée et après un bon petit déjeuner on va voir l’état du chemin pour savoir si l’on peut traverser. En route nous croisons un gros crapaud que Jennifer s’empresse de prendre en photo. Et subitement, on entend cracher à côté de nous. A quelques pas de Maxime se trouve un serpent d’une soixantaine de centimètres en position de défense prêt à sauter. Il est probable qu’il allait attaquer le crapaud avant que l’on interrompe son petit déjeuner. Nous détallons vite fait bien fait.

Après avoir traversé le cours d’eau qui a bien diminué sans toutefois reprendre sa taille normale, nous poursuivons notre randonnée de plage en plage. Ici les plages ne sont pas reliées entre elles, il faut passer par la jungle pour y avoir accès. Les pluies torrentielles n’ont pas été absorbées par le sol et ne se sont pas évaporées mais cette fois nous sommes partis avec nos chaussures de randonnée. Seulement les flaques sont trop profondes pour les garder aux pieds, résultat nous circulons encore pieds nus dans la gadoue…

La première plage sur notre chemin, la Piscina, est une plage où la baignade est autorisée. C’est une très belle plage sur laquelle nous croisons seulement une dizaine de touristes. Ceci est peut être dû au fait qu’il ne semble pas y avoir de camping à proximité directe.

La Piscina
La Piscina

Nous continuons notre chemin vers la plage de Cabo San Juan. L’endroit est sublime mais, dommage, des bus de touristes arrivent dès midi. Le camping proche de cette plage ne fait pas rêver, les tentes sont en plein soleil et collées les unes aux autres. On est content de ne pas avoir choisi ce camping trop bondé. Nous montons sur un point de vue qui est une cabane ouverte avec des hamacs (nous plaignons ceux qui dorment ici le vent étant particulièrement violent). En tout cas la vue est très sympa.

On se baigne un petit moment tant que la plage est encore calme. Pendant que l’on sèche, un iguane d’environ 1m de long fait son apparition sur la plage, à quelques pas de nous. Il nous observe et repart vivre sa vie tranquillement.

Cabo San Juan au Parc National Tayrona
Cabo San Juan au Parc National Tayrona
Vue depuis la cabane
Vue depuis la cabane

Pour sortir du parc nous choisissons cette fois l’option de la randonnée à cheval et ainsi s’éviter les deux heures à pied avec les sacs sur le dos. On aura mis une heure à cheval et on s’en sort pour 20 000 COP/pers et un sacré mal au derrière. Pendant la randonnée nous croisons un cochon sauvage énorme et pas craintif pour un sou et profitons une dernière fois de cette belle jungle qui nous aura joué des tours.

Petite anecdote qui nous change de la vie parisienne : sur le trajet de retour depuis Santa Marta, le bus est tombé en panne à quelques kilomètres de Carthagène. La compagnie Berlinastur prévient le chauffeur que d’autres bus arrivent par cette route et qu’ils récupéreront les passagers en fonction des places disponibles, le premier aura 5 places, le suivant 3, et ainsi de suite. Et nous sommes 13 passagers. Pour que ce soit équitable, l’un des passagers propose un tirage au sort avec nos numéros de billet pour déterminer qui partira dans le premier bus. La chance nous sourit et nos billets sont tirés par la main innocente du chauffeur.

 

Infos pratiques

Transport : de Carthagène au Parc Tayrona

  • Depuis Carthagène il faut prendre 3 bus pour se rendre au parc Tayrona.
  • Carthagène – Santa Marta : 4h annoncées, 5h30 au réel. Le prix du trajet est de 36000 COP/pers par la compagnie Berlinastur.
    A noter tout de même qu’il est un peu difficile d’avoir des infos sur internet pour effectuer ce trajet. Sur le site de la compagnie Berlinastur, le trajet Carthagène – Santa Marta n’existe même pas. Pourtant un minibus part toutes les 45 minutes depuis un terminal en dehors de la ville (attention, ce n’est pas le terminal de transports qui lui, est bien plus loin). Comme on a galéré, on remet l’adresse ici :

  • Santa Marta – Entrée du Parque Nacional de Tayrona : trajet d’une heure pour 7 000 COP/pers. Les busetas sont situées au marché, Calle 11, Carrera 11.
  • Il y a ensuite un bus de l’entrée du parc jusqu’au parking. Celui-ci coûte 3 000 COP/pers et permet de s’économiser 45min de marche mais n’est pas obligatoire.

Enfin, soit vous prenez les chevaux qui vous rapprocheront de votre camping (entre 20 000 COP et 30 000 COP/pers) soit vous faites la randonnée à pied.

L’entrée du PNN Tayrona coûte 44 000 COP/pers. et la vaccination contre la fièvre jaune est demandée. Dans les faits, personne ne nous a réclamé nos carnets de vaccination à l’entrée.

Logement

Dans le parc nous avons résidé au camping de Don Pedro, les tentes étaient installées par groupes de 2 ou 4 et placées à l’ombre, ce qui n’est pas le cas de celles que nous avons vues au camping de Cabo San Juan. Compter 20 000/pers pour une tente avec matelas (fin le matelas).

Prévoir du papier toilette, il n’est pas fourni avec la tente (mais on peut en acheter sur place)!

A Santa Marta, nous vous recommandons l’Hostel Paradise, calle 19 n°4-55, nous sommes tombés dessus par hasard et c’était un grand réconfort après les pluies torrentielles car la chambre était digne d’un hôtel 4 étoiles. On exagère à peine, mais cela nous change de certains hôtels où l’on peut s’assoir sur les toilettes, se brosser les dents dans l’évier et se doucher le tout en même temps. Peut-être que certains architectes y voyaient un gain de temps pour les voyageurs!

Nourriture

Dans le parc plusieurs petits restaurants de plage proposent des plats simples à 20-25000 COP. C’est un peu plus cher qu’à l’extérieur, sans compter que les prix des boissons subissent aussi l’inflation… Les plus organisés feront des provisions à Santa Marta et les amèneront avec eux dans le parc.

2 commentaires sur “Tayrona, entre jungle et plage

Ajouter un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :